LAM-UPPA - Les Afriques dans le Monde


Séminaires LAM-UPPA

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Archives 2013-2014

 

Vendredi 22 janvier, 9-12h, salle séminaire Institut Claude Laugenie
Master CAS « frontières », LAM

Nouvelles lectures de la frontière en Afrique des Grands Lacs,
Nouveaux champs de recherche et nouvelles approches

Dans la région des grands lacs africains, de la période coloniale aux temps postcoloniaux, une historiographie politique autant nationale qu’ethnique (ethnohistoire), une géopolitique binaire distinguant États et sociétés sans État, une géographie naturaliste opposant des régions naturelles humanisées ou non, ont théâtralisé (et cartographié) des frontières et leurs espaces en autant de catégories et de mondes fermés.
Les nouvelles thématiques (histoire des plantes, des environnements et paysages…), les nouvelles approches (histoire globale, rurale, culturelle), la prise en compte du temps long par l’archéologie, la pluridisciplinarité mettent en évidence une complexité des espaces-sociétés, des échanges et connexions au-delà de leurs espaces singuliers… en fin de comptes, elles dévoilent une histoire complexe, sinon des contextes historiques différents nuançant les précédentes visions.... repensant le concept de frontière.
Ces interrogations font l’objet de programmes de recherches : GlobalAfrica (ANR « Défis de tous les savoirs »), Historical Ecology of East African Landscapes (Marie Curie Excellence Grants).

New readings of  the border in the African Great Lakes Region,
New research fields and new approaches

In the African Great Lakes Region, from colonial period to post-colonial times, national and ethnic (ethno-history) political historiography, binary geopolitics distinguishing States-Societies and segmented societies, a naturalistic geography of wild natural areas or population settlements have dramatized (and mapped) borders and their spaces as closed concept-worlds.
New topics (history of plants, environments and landscapes...), new approaches (global history, rural, cultural history), long time-duration taken into account by archaeology and multidisciplinarity, highlight a complexity of space-societies, exchanges and connections beyond their singular spaces... they reveal a complex story, different historical contexts, rethinking the previous visions… and the concept of borders.
These questions are the subject of research programs: GlobalAfrica (ANR 'Challenges of all knowledge'), Historical Ecology of East African Landscapes (Marie Curie Excellence Grant).


PROGRAMME

•    Revisiter la géopolitique historique « moderne» de la région des Grands Lacs. Revisiting “modern” historical Geopolitic of the Great Lakes Region (C. Thibon, LAM UPPA)
•    “Mobile frontier” in the Rift: archeologist and environmentalist analysis (P. Lane, HEEAL, Upssala University)
•    Frontière technique et royautés dans la région des Grands Lacs : la métallurgie du fer comme marqueur politique. Technological Frontier and Kingdoms in the Great Lake Region: Iron as a political marker (E. Vignati, LAM)
•    La relation entre "frontière" ethno-linguistique et distribution de la diversité du sorgho en Afrique. The relationship between ethno-linguistic 'border' and distribution of sorghum diversity in Africa (C. Leclerc & G. Coppens, CIRAD Montpellier)
•    L'espace des Grands Lacs Est-africains : État, Société, histoire des plantes et rituels agraires de l'époque protohistorique à la fin du 19e siècle. East African Great Lakes Region : State, Society, History of Plant and agricultural Rituals up to the 19th Century (E. Morowha, Université du Burundi)


 


"OU VA LE BURUNDI, D’OU VIENT LE BURUNDI ?"

Séminaire d’actualité Burundi
Mercredi 18 novembre 2015, 9h-12h


UFR Droit, Economie, Gestion - salle de direction
Visioconférence avec LAM IEP Bordeaux

« Où va le Burundi ? », la question s’impose tant la montée des violences, les épreuves de force auxquelles se joignent les inconnues soulevées par les stratégies réelles ou prêtées aux différents acteurs socio-politiques nationaux, politiques régionaux, internationaux, suggèrent des scénarios multiples des plus catastrophiques, aussi bien pour le Burundi que pour le sous-région, aux plus négociés : une escalade ou une sortie de crise… à moins que ces deux scénarios soient les deux versants interactifs d’un cycle de crise politique, et de violences, ouvert dont on ne connait pas la durée mais dont les couts humain, social et institutionnels remettent déjà en cause les dividendes des Accords d’Arusha et de la reconstruction qui s’en suivit. « Où va le Burundi ? », la question s’impose aussi pour des questions morales et politiques, d’autant que se joue au Burundi un test géopolitique, aussi bien pour l’Afrique de l’Est que l’Afrique centrale, au regard des espérances mises dans le décollage économique et la démocratisation en œuvre.

Le séminaire n’échappera donc pas à une telle question, qui inévitablement alimentera le débat, mais conscient des limites des analyses et des ressentis sur ce sujet, il déplacera, autant pour des raisons disciplinaires que scientifiques, son angle d’observation et d’analyse ; il lui préférera la question « D’où vient le Burundi », c’est-à-dire une analyse-mise en perspective historique de la crise actuelle, sur la courte durée (la crise pré-électorale et post-électorale), sur la moyenne durée (post-Arusha) et sur la longue durée qui peuvent nous éclairer sur la situation actuelle voire ses enchainements et résonnances. Pour ce faire et en relation avec l’actualité, les thèmes classiques seront abordés : ils porteront sur l’évolution du régime, du système politique et de la culture politique post-arusha, la mobilisation politique, des partis politiques et de la société civile, l’évolution des institutions (armée, justice, universités…) et les interactions géopolitiques régionales et internationales…. Ces questions seront successivement abordées ou introduites par D. Banshimiyubusa, J. Révillon, A. Cazenave-piarrot, E. Matignon et C. Thibon.
  


"Paix et sécurité au nord Kenya, une périphérie à l’épreuve du développement ; état des connaissances et nouvelles problématiques"

Mercredi 21 octobre 2015, 9-12h

UFR Droit, Economie, Gestion - salle de direction

Visio-conférence avec LAM Bordeaux



Les conflits intertribaux dans la région du Nord du Rift Kenyan (les comtés du Turkana, de Samburu, de Marsabit et d’Isiolo) semblent s’inscrire dans des temps immémoriaux, bien qu’ils aient changé sous l’effet d’évolutions structurelles (démographiques, sociales, culturelles...) et des contextes nouveaux géopolitiques et géoéconomiques. La région constitue un vaste ensemble aride et semi-aride ou vivent des groupes pastoraux, qui s'appuyaient, principalement ou exclusivement, sur un pastoralisme traditionnel pour leur subsistance, mais ce système de survie est devenu vulnérable comme en témoignent les indicateurs socio-économiques et démographiques, alors que les tendances démographiques, les nouvelles orientations du pastoralisme, l’intégration économique mettent sous pression les sociétés, leur régime démographique et anthropologique et leurs environnements, il en est de même des changements climatiques, de l’urbanisation....

Depuis peu la découverte du pétrole en particulier au Turkana a introduit une nouvelle donne, tant pour les communautés que pour les immigrants,... Cette modernisation « importée », aujourd'hui limitée à quelques sites et zones, doit se renforcer sous l’effet de la nouvelle géopolitique et des stratégies économiques envisagés (dont les nouveaux projets comme Lapset, ou éolien, hydraulique...) et de l'évolution politique (régionalisation et décentralisation), autant de nouveaux défis dans cet espace périphérique, hier une frontière no-man’s land et pas définitivement tracée dans sa partie septentrionale, devenu aujourd'hui un « nouvelle frontière » pour le Kenya et une zone pivot pour la sous-région entre Ouganda, Kenya, Ethiopie et Sud soudan...

Si les formes visibles, spectaculaires, événementielles, de cette histoire conflictuelle immédiate sont connues à l’image des raids de bétail ou des violences intercommunautaires, et de leurs manipulations politiques et si les nouvelles dimensions géoéconomiques et géopolitiques sont de plus en plus prises en compte, les recherches portent sur les nouvelles dimensions et les nouveaux facteurs « modernes » de ces conflits « traditionnels » ; il s’agit aussi bien des facteurs économiques (de nouveaux échanges, un nouveau marché territorial, de nouvelles stratégies d’accumulation économiques...), environnementaux (une stratégies de survie-résilience de moins en moins reproductible dans un contexte de rareté aiguisé par le changement climatique) que des changements politiques, avec l’impact de la décentralisation…

Cette thématique préfigure le programme « Pamoja, H Curien » de coopération interuniversitaire entre Kenyatta University et l’UPPA, elle recoupe ses objectifs. Elle sera présentée par le prof S Mwangi (Kenyatta University) et C Thibon puis développée par K Gitu (doctorant KU) au travers de la question des interactions entre ces différents environnements et les changements observés dans les dernières décades dans les régimes démographiques, anthropologiques.
La question se prête à une discussion comparative, tant les scénarios observés sont proches sinon communs à ceux observés dans des espaces voisins ou similaires, ou d’autres sociétés et populations est-africaines : cet aspect sera animé par H.Maupeu et A.Cazenave-Piarrot.